Suspension des importations brésiliennes : un premier pas bienvenu, mais l’Europe doit aller beaucoup plus loin sur la réciprocité des normes.
Éric Sargiacomo, eurodéputé socialiste et vice-président de la commission Agriculture de Développement Rural du Parlement européen, se félicite de la décision de la Commission européenne de suspendre, à compter de jeudi, les importations de viande, d’œufs et de miel en provenance du Brésil. Cette mesure répond à un enjeu de santé publique majeur : la lutte contre l’antibiorésistance.
« C’est une décision de cohérence élémentaire en application d’un règlement de 2018 et force est de constater que les autorités brésiliennes n’ont pas fait leur travail sérieusement. Nous interdisons à nos éleveurs l’usage d’antibiotiques comme facteurs de croissance, il n’y a aucune raison de laisser ouvert notre marché à des produits qui ne respectent pas cette règle. Aucune entreprise ne peut se détourner de l’accès au marché européen, nous devons en faire un levier pour tirer vers le haut les standards de production de nos partenaires en imposant une réelle réciprocité dans les échanges commerciaux. »
L’eurodéputé landais estime toutefois que cette décision, aussi juste soit-elle, ne traite qu’une partie du problème. La même incohérence existe sur les pesticides, où les pays du Mercosur continuent d’utiliser des pesticides interdits chez nous. Sur le maïs par exemple, 77,5% des pesticides utilisés au Brésil et en Argentine ne sont pas autorisés dans l’Union Européenne.
« On ne peut pas se satisfaire d’un traitement à géométrie variable selon qu’il s’agit d’antibiotiques ou de pesticides. Sans mesures miroirs, un produit phytosanitaire interdit pour sa dangerosité peut continuer à entrer sur notre marché sous la forme de résidus dans les produits que nous importons. C’est une question de cohérence en matière de santé publique et de protection de l’environnement, et c’est aussi une question de concurrence déloyale envers nos agriculteurs », poursuit Éric Sargiacomo.
Ce dossier reste indissociable du combat plus large contre l’accord UE-Mercosur. « Notre combat contre le Mercosur reste entier et nous attendons les résultats de la saisine de la Cour de Justice de l’Union européenne que nous avons obtenu. Il faut mettre fin au dumping et à la concurrence déloyale qui minent notre agriculture et sapent la légitimité de nos politiques sanitaires. Le commerce doit être un moyen au service de nos concitoyens, pas une finalité en soi. La santé humaine et la protection de la biodiversité doivent primer sur les intérêts mercantiles » conclut-il.
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