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En commission PĂȘche, jâai repris les conclusions dâune audition que nous avions tenue en juin sur la pĂȘche illĂ©gale : notre rĂ©glementation protĂšge la ressource, mais laisse le marchĂ© sans filet, au dĂ©triment de nos producteurs comme des consommateurs.
đ Le chiffre parle de lui-mĂȘme : lâEurope ne produit que 0,5% du saumon consommĂ© dans le monde, tout le reste est importĂ© sans que les mĂ©thodes de production, comme la part de pĂȘche minotiĂšre dans lâalimentation de ces poissons dâĂ©levage, ne soient jamais questionnĂ©es. MĂȘme constat pour les crevettes. Et dans nos rayons calamars ou noix de Saint-Jacques argentins, voire cabillaud pĂȘchĂ© par la flotte russe, arrivent avec des standards sociaux et environnementaux trĂšs Ă©loignĂ©s des nĂŽtres.
âïž On a construit une politique de la pĂȘche pointue sur la gestion des stocks, mais on a laissĂ© de cĂŽtĂ© tout ce qui touche au marchĂ© lui-mĂȘme. RĂ©sultat : nos producteurs subissent une concurrence faussĂ©e face Ă des importations moins-disantes.
đ Il suffit de comparer les rĂšgles du marchĂ© agricole Ă celles de la pĂȘche pour voir le fossĂ© : aucune obligation dâaffichage de lâorigine dans la restauration, aucune transparence sur les plats prĂ©parĂ©s, pas de label europĂ©en, pas de vĂ©ritable promotion des produits de nos pĂȘcheurs. On ne valorise pas, sur le marchĂ©, les efforts que nos rĂšgles europĂ©ennes imposent dĂ©jĂ Ă nos producteurs.
đŻ Ma conclusion : on ne peut pas parler de souverainetĂ© alimentaire sans corriger ce dĂ©sĂ©quilibre. Une future rĂ©vision de la politique commune de la pĂȘche devra sâaccompagner dâune rĂ©forme du rĂšglement sur lâorganisation des marchĂ©s, avec des clauses miroirs pour les produits de la pĂȘche et de lâaquaculture dans tous nos accords commerciaux.
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