J’ai eu le plaisir d’accueillir au Parlement européen le 5 décembre 2024 une conférence consacrée à l’avenir du cuivre en viticulture, réunissant scientifiques, représentants des institutions européennes, chercheurs, professionnels de la filière et acteurs du monde viticole.
Cette rencontre avait un objectif simple : remettre la science au cœur du débat public sur un sujet essentiel pour l’avenir de la viticulture européenne.
Le cuivre occupe une place particulière dans notre agriculture. Utilisé depuis plus d’un siècle pour lutter contre des maladies comme le mildiou, il demeure aujourd’hui l’un des principaux outils de protection des cultures, en particulier en agriculture biologique où les alternatives restent encore limitées.
Mais chacun le sait : le cuivre soulève aussi des interrogations environnementales légitimes. Son accumulation dans les sols doit nous conduire à poursuivre nos efforts de recherche et d’innovation afin de réduire progressivement notre dépendance à cette substance.
Pour autant, j’ai tenu à rappeler un principe de bon sens : nous ne réussirons pas la transition en opposant les objectifs environnementaux aux réalités du terrain.
Les viticulteurs européens ont déjà réalisé des progrès considérables. En cinquante ans, les quantités de cuivre utilisées à l’hectare ont été réduites d’environ 90 %. Les techniques d’application ont évolué, les pratiques agronomiques se sont améliorées et la filière investit massivement dans la recherche de solutions alternatives.
Cette réalité mérite d’être reconnue.
La question qui se pose aujourd’hui n’est donc pas de savoir s’il faut préparer l’après-cuivre. La réponse est évidemment oui.
La véritable question est de savoir comment nous construisons cette transition.
Nous devons accélérer les travaux sur le biocontrôle, soutenir la sélection de cépages plus résistants aux maladies et accompagner les innovations agronomiques. Mais nous devons aussi accepter une évidence : les solutions alternatives ne seront pas opérationnelles partout du jour au lendemain.
L’année 2024 nous l’a encore rappelé. Dans plusieurs bassins viticoles européens, les conditions climatiques particulièrement humides ont provoqué une forte pression du mildiou. Face à ces situations exceptionnelles, nous devons conserver une approche pragmatique et fondée sur les réalités agronomiques.
L’histoire de la viticulture nous enseigne d’ailleurs l’humilité. Après la crise du phylloxéra, il a fallu plusieurs décennies pour reconstruire le vignoble européen grâce aux porte-greffes américains. Aujourd’hui encore, l’adaptation au changement climatique et le développement de nouvelles variétés nécessiteront du temps, de la recherche et des investissements.
La transition écologique ne se décrète pas. Elle se construit.
C’est précisément le rôle du Parlement européen : permettre le dialogue entre la science, les producteurs, les pouvoirs publics et la société civile afin de trouver des solutions équilibrées.
La viticulture européenne fait partie de notre patrimoine économique, culturel et territorial. Nous devons lui donner les moyens de relever les défis environnementaux sans compromettre sa compétitivité ni son avenir.
C’est le message que j’ai souhaité porter lors de cette conférence : faire confiance à la science, accompagner l’innovation et construire des règles qui protègent à la fois l’environnement et ceux qui nous nourrissent.


